Fatigue et asthénie apparaissent, à première vue, comme des termes synonymes. Tous deux désignent, en effet, une sensation de lassitude et de perte de dynamisme. Pourtant, à y regarder de plus près, fatigue et asthénie se manifestent de façon différente et ne répondent pas au même mécanisme.
La fatigue est un phénomène physiologique, correspondant à une diminution des capacités fonctionnelles de l'organisme. Elle est consécutive à un effort physique ou intellectuel et constitue un signal d'alarme qui permet d'éviter l'état d'épuisement. Elle disparaît au repos, après une phase de récupération qui correspond à la reconstitution des réserves énergétiques.
Les organes concernés par la fatigue sont essentiellement les muscles et les organes du système nerveux sensoriel et moteur. On parlera de fatigue musculaire, auditive ou visuelle. Chez le sportif, la fatigue est avant tout musculaire, correspondant à un déficit énergétique. Cette fatigue peut être aiguë, localisée (crampes musculaires) ou générale, dûe à un effort violent inhabituel ou survenant dans des conditions particulières (chaleur excessive). Ce peut également être une fatigue chronique dûe à un surentraînement ou un surmenage, susceptible de provoquer une chute des performances. Un entraînement physique bien maîtrisé, en revanche, en agissant favorablement sur le métabolisme cellulaire, améliore la résistance à la fatigue.
L'asthénie est de nature différente. Il s'agit, là encore, d'une diminution des capacités de l'organisme, mais correspondant à une baisse de forme prononcée et généralisée, sans relation de cause à effet avec un effort. C'est donc une réaction pathologique, ne disparaissant pas au repos. L'asthénie peut être le signe d'un trouble organique fonctionnel ou psychologique qu'il faut identifier et traiter.
On considère qu'une asthénie sur cinq est la conséquence d'une affection organique. Cette asthénie est dite somatique. Elle prédomine en fin de journée et s'aggrave à l'effort. Elle peut être ressentie de façon intense et s'accompagne le plus souvent de signes d'altération de l'état général : anorexie, amaigrissement, fièvre. Cette asthénie "symptôme" peut précéder, révéler ou être consécutive à l'affection qui en est la cause. Celle-ci peut être une maladie grave (cancer, maladie endocrinienne) ou une simple affection virale (hépatite virale, grippe). L'asthénie somatique peut avoir un retentissement psychique plus ou moins marqué. Le traitement de ces asthénies passe avant tout par le traitement de l'affection causale.
Mais dans la majorité des cas, on se trouve devant une asthénie dite fonctionnelle, laquelle relève d'une origine psychique. Une véritable dépression peut parfois se présenter sous la forme trompeuse d'une asthénie. Plus fréquemment, l'asthénie fonctionnelle apparaît chez un sujet au profil anxieux, en proie au surmenage et au stress.
L'asthénie réactionnelle que ce sujet présente se traduit par une perte de l'élan vital, une sensation de baisse des performances. Le patient se dit "à plat". Ces symptômes prédominent le matin, ne sont pas liés à l'effort et s'accompagnent souvent de troubles de l'attention et de la mémorisation, d'insomnie. Ce type d'asthénie psychique survient volontiers dans une population jeune, en particulier chez l'étudiant. Certains sportifs peuvent présenter une asthénie réactionnelle face au stress engendré par des compétitions importantes ou après une baisse de résultats. Il en résulte une agressivité incontrôlée pendant l'épreuve ou, au contraire, une perte de l'esprit de combativité ressentie comme une perte d'élan vital.